Transport

Déclin de la production automobile en France

Très européen, PSA reste le plus gros producteur de voitures de l’Hexagone. Grâce au succès de ses SUV, le groupe a absorbé la demande en chargeant ses sites. En 2018, Sochaux (Doubs) a produit plus de 500 000 voitures. De quoi permettre à PSA d’afficher une balance commerciale excédentaire, à la différence de Renault.

 
 

"Notre appareil industriel tourne à plein régime. L’un des flux de Sochaux tourne sur quatre équipes, le maximum faisable. Idem à Rennes (Ille-et-Vilaine) et Sevelnord (Nord) ", se félicite Yann Vincent, le directeur industriel de PSA. Si les usines françaises sont bien chargées, leurs capacités restent en deçà des niveaux d’avant-crise. Elles atteignaient 3,75 millions de voitures en 2005, contre 2,64 millions aujourd’hui.

En France, Renault et PSA produisent aujourd’hui en grande majorité leurs véhicules utilitaires et SUV. Chez Renault, les usines de Sandouville et de Maubeuge produiront de nouveaux véhicules Nissan. Mais ces annonces ne sont pas suffisantes pour compenser le départ des petites voitures à gros volumes.

Dans ses enquêtes, la Fédération des industries des équipements pour véhicules (Fiev) prend en compte un peu plus de 200 établissements installés en France, essentiellement gérés par des fournisseurs de rang 1 français et étrangers (comme Bosch, Delphi et Continental). Dix ans après la crise, ces usines ont vu leur chiffre d’affaires croître "grâce à une hausse des exportations, qui a en partie comblé la baisse des revenus provoquée par la chute de la production de véhicules", détaille Franck Fontanesi, le directeur économie et statistiques à la Fiev.

"Dans le chiffre d’affaires réalisé par les usines en France, les exportations représentent aujourd’hui environ 54 % des revenus totaux, contre une quarantaine avant la crise", précise le spécialiste. La filière a aussi profité de la montée en gamme des modèles produits en France, en majorité des SUV et des véhicules utilitaires légers (VUL). Les effectifs de ces sites ont en revanche connu une érosion continue sur la période. "La croissance de l’emploi n’est plus aussi liée à celle de l’activité qu’avant ", constate Anne-Gaëlle Lefeuvre, la responsable du pôle filière automobile du Syndex. Pour suivre une demande en hausse, les usines travaillent sur des process plus productifs, qui ne requièrent pas un recours massif à la main-d’œuvre.

Portés par un bon niveau de ventes en Europe et les délocalisations récentes, plusieurs pays ont vu leur production augmenter depuis la crise, à l’image de la Slovaquie et la République tchèque. En Allemagne, la production a chuté l’année dernière sous l’effet du Brexit et de l’évolution des normes antipollution (WLTP).

 

Méthodologie : Les données disponibles pour les infographies relatives aux constructeurs et à l’assemblage des véhicules ont été compilées à partir de 2005 par Inovev (c'était l'année de naissance du cabinet). Elles regroupent l’assemblage de véhicules particuliers (VP) et utilitaires légers (VUL). La production par constructeur et usine comprend à la fois les véhicules des marques propriétaires, ainsi que la production pour des tiers. L’assemblage du Citan par l’usine Renault de Maubeuge, pour le compte de Mercedes est ainsi prise en compte dans la production du constructeur français. Au cours des années 2000, le point haut de la production dans l’Hexagone est atteint en 2004. 3,66 millions de véhicules sortent à cette date des usines françaises.

 

 

 

source : https://www.usinenouvelle.com/article/sept-infographies-pour-comprendre-le-declin-de-la-production-automobile-en-france.N799040