Transport, Low-Cost

Avis de tempête sur les compagnies low cost

La remontée des prix des carburants et l’accroissement de la concurrence affectent les comptes des entreprises. Coup sur coup, Norwegian et Ryanair, deux des fleurons européens des compagnies à bas coût, ont fait état de leurs difficultés. La norvégienne, pionnière du low cost long-courrier, a annoncé, mercredi 16 janvier, qu’elle allait réduire la voilure.

Norwegian va fermer cinq de ses bases en Europe, sur les îles espagnoles de Palma de Majorque et Tenerife, ainsi qu’à Rome, mais aussi aux Etats-Unis, à Newburgh (New York) et à Providence (Rhode Island). Son objectif : réduire les coûts, alors que la compagnie a accumulé une dette de plus de deux milliards d’euros, en raison d’un développement à marche forcé, à coups de commandes géantes d’avions, d’ouverture de bases et de destinations.

Pour l’heure, seules les bases desservies par des Boeing 737 Max de la compagnie sont concernées. Cette décision, qui doit lui permettre d’économiser 200 millions de dollars (175 millions d’euros), fait écho à l’annonce, en septembre 2018, de son intention de se séparer de ses 737 déjà en service et de revendre les 90 Airbus moyen-courriers qu’elle a commandés et qui doivent lui être livrés dans les prochaines années. 

Norwegian n’est pas la seule à battre de l’aile. Ryanair a révisé en baisse ses prévisions de bénéfices, vendredi 18 janvier. C’est la seconde fois, en quatre mois, que la compagnie irlandaise dirigée par l’inamovible Michael O’Leary doit se plier à cet exercice. Au sortir de l’été 2018, à l’occasion de la présentation des résultats semestriels, le bouillant patron de la société irlandaise avait pointé du doigt la grève des pilotes et des personnels de cabine, ainsi que la remontée des prix du kérosène, pour expliquer des prévisions de bénéfices en berne. Désormais, Ryanair met en avant la chute des tarifs aériens, cet hiver 2018-2019, qui pourraient, selon elle, dégringoler de 7 % au lieu des 2 % attendus.

 

Paradoxalement, bons taux de remplissage

La compagnie à bas coût prévoit désormais d’engranger un bénéfice pour l’exercice 2018-2019, qui sera clos fin mars, compris entre 1 milliard et 1,1 milliard d’euros. Des chiffres qui la situent loin de son record de 2017-2018, quand la compagnie avait, alors, dégagé un bénéfice de 1,45 milliard d’euros. Et l’optimisme n’est guère de mise. La direction de Ryanair n’exclut pas d’abaisser ses prévisions si les tarifs des billets d’avions devaient encore reculer. 

Paradoxalement, les low cost souffrent, alors que leurs taux de remplissage sont au vert. Ainsi, Ryanair attend une hausse de son trafic passager de 9 %, pour atteindre 142 millions de clients transportés en 2019. Norwegian est dans le même cas. En 2018, le groupe a battu ses records, avec 37,34 millions de passagers. Une progression de 13 % d’une année sur l’autre. Cet afflux de passagers touche toutes les compagnies low cost. C’est notamment le cas de Transavia France, filiale à bas coût d’Air France. En 2018, la quarantaine d’appareils de sa flotte a transporté 15,8 millions de passagers. Un chiffre en hausse de 7,1 %.

Après Ryanair et Norwegian, EasyJet pourrait, à son tour, devoir réviser à la baisse ses prévisions, car la guerre des prix faire rage. Au premier semestre 2018, le revenu par siège du transporteur britannique a déjà reculé entre 1 % et 5 %. Pour compenser, les compagnies low cost s’emploient à accueillir de plus en plus de passagers. C’est le cas de Ryanair, qui a annoncé, lundi 21 janvier, une vente massive de 1 million de billets avec une réduction allant jusqu’à 20 %.

 

Une hécatombe qui pourrait se poursuivre en 2019

Le mauvais vent qui souffle sur le low cost laisse entrevoir une période de consolidation du secteur. Les transporteurs à bas coûts se sont multipliés ces dernières années. En 2018, l’industrie à connu ses premières victimes. Tour à tour, Primera Air, WOW air, Flybe, Small Planet Airlines ou Cobalt ont mis brutalement la clef sous la porte ou sont à vendre. Une hécatombe qui pourrait se poursuivre en 2019.

« Nous croyons que cette période de baisse des tarifs continuera à bousculer les compagnies qui perdent de l’argent », a déclaré Michael O’Leary, le patron de Ryanair. De fait, avec leurs économies tendues, nombre de transporteurs à bas coût sont très sensibles à la moindre modification de leur environnement. La remontée des prix des carburants et l’accroissement de la concurrence ont fait basculer certaines entreprises dans le rouge. Norwegian ne gagne plus d’argent. Son dernier exercice bénéficiaire date de 2016. Et 2018 n’aura « pas été une très bonne année », prévient la compagnie norvégienne. Outre la hausse du kérosène, elle a dû mettre la main à la poche pour louer, au coup par coup, des avions pour remplacer les Dreamliner de sa flotte affectés par les problèmes de leurs moteurs Rolls-Royce.

Après avoir longtemps méprisé le secteur du transport à bas coût, les grandes compagnies ont décidé d’y investir en force. « Des groupes comme IAG, maison mère de British Airways, qui détient 5 % du capital, continuent de s’intéresser à nous », assure Norwegian. De son côté, Air France pourrait désormais compter sur le soutien de ses pilotes pour donner beaucoup plus d’envergure à sa filiale Transavia France. « [Celle-ci] est parvenue à une flotte de quarante avions. Il va falloir aller plus loin », plaide Jean-Louis Barber, ancien président du Syndicat national des pilotes de ligne d’Air France, élu, début décembre 2018, dans la nouvelle majorité qui dirige l’organisation. Selon lui, Transavia France pourrait bénéficier, à l’avenir, d’une flotte « d’une centaine d’avions ».

 

Flight Report - Les Meilleures compagnies Low-cost et Hybride Européenne 2018

  1. Avec une moyenne de 7,6/10, c’est à Norwegian qui est décerné le prix de meilleure compagnie Low-cost et Hybride Européenne pour l’année 2018. La compagnie est particulièrement appréciée pour le confort de sa cabine avec des sièges inclinables et des Boeing 737 récents équipés en majorité du Sky Interior. Son offre gratuite et illimitée d’Internet par WiFi sur ses vols européens est également plébiscitée.
  2. Sur la deuxième marche du podium, on trouve la compagnie finlandaise Finnair avec une moyenne de 7,54/10, c’est en particulier la qualité de son personnel de bord qui lui permet de s’illustrer dans ce classement.
  3. La troisième place est occupée par une autre compagnie nordique : AirBaltic. La compagnie basée à Riga récolte les fruits d’un rajeunissement de sa flotte avec des Airbus A220-300 (anciennement Bombardier CS300) et d’une offre de restauration particulièrement riche et tarifée raisonnablement.

 

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source : https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/22/la-guerre-des-prix-pese-sur-les-compagnies-aeriennes-low-cost_5412627_3234.html