eCommerce, mCommerce

Le mobile pèse près du quart de l'e-commerce

Les Français ont dépensé 22 milliards d’euros, en hausse de  22 % sur un an, depuis leur smartphone ou leur tablette, sur les 93 milliards de ventes en ligne en 2018. Un phénomène qui pousse les e-marchands à miser plus sur l’e-publicité et moins sur le référencement naturel.

Les consommateurs français sont de plus en plus accros à leur smartphone : près d’un quart des 92,6 milliards d’euros du chiffre d’affaires 2018 de la vente en ligne (+ 13,4 % sur un an) est mobile, selon les chiffres du bilan annuel de la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Les clients ont acheté l’équivalent de 22 milliards d’euros de produits et de services sur leur téléphone ou leur tablette, un chiffre en hausse de 22 % par rapport à 2017. Si la croissance des achats mobiles s’est largement tassée depuis 2013, où elle atteignait des sommets (+ 106 % sur un an), elle reste forte malgré un poids de plus en plus élevé dans le chiffre d’affaires total.

Le mobile pesait l’an dernier 35 % du total des ventes directes (hors marketplaces) du panel iCM (indice commerce mobile), qui regroupe une quarantaine de sites leaders, soit 5 points de plus qu’en 2017, toujours selon la Fevad. La progression du smartphone dans les achats en ligne s’opère aux dépens de l’ordinateur, passé de 94 à 84 % d’adeptes entre 2014 et 2018. Cdiscount, Fnac, Vente-Privée, etc. : « Au quatrième trimestre, sur les 15 plus gros sites e-commerce français en audience, 12 totalisent plus de visiteurs uniques smartphone que desktop, avec notamment les utilisateurs de Wish qui sont 68 % à surfer depuis un téléphone contre 16 % seulement depuis un ordinateur », souligne Jamila Yahia-­Messaoud, directrice du département ad’hoc de Médiamétrie. Pour la première fois, la tablette dégringole aussi. Quelque 23 % seulement des ­e-consommateurs s’en servent pour acheter en ligne en 2018, contre 27 % un an plus tôt.

Surtout chez soi et peu dans les transports

Mais ce double désamour des Français ne correspond pas à une utilisation plus importante du smartphone en mobilité : 76 % des m-acheteurs s’en servent pour acheter en ligne à domicile, et seulement 10 % dans les transports. « Il est encore difficile de régler avec un téléphone dans le bus ou le métro. Les systèmes de sécurisation des paiements ne sont souvent pas suffisamment user-friendly », pointe Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Pour simplifier le process, les m-acheteurs plébiscitent (à 69 %) l’empreinte digitale comme moyen d’authentification de leurs achats. Ils ne sont que 27 % à apprécier autant ou plus la reconnaissance de l’iris, 16 % la reconnaissance vocale et 15 % la reconnaissance faciale. Pour faire comme les géants de l’e-commerce et attirer sur leur site cette audience mobile, les TPE/PME du secteur voient le référencement naturel perdre de son utilité : sur son smartphone, le mobinaute n’a accès au premier regard qu’à un ou deux résultats de recherche naturels.

Des sites qui deviennent rentables

Les e-commerçants sont donc de plus en plus nombreux à miser sur la publicité payante : 55 % des sondés de l’étude annuelle d’Oxatis sur le profil de l’e-commerçant TPE/PME utilisent Google Ads en 2018, soit 14 points de plus qu’en 2017. La progression est plus impressionnante encore pour les utilisateurs de Facebook Ads, qui passent de 28 à 55 %. Une stratégie qui semble fonctionner : 85 % et 82 % des sites utilisant respectivement Google Ads et Facebook Ads sont rentables en 2018, selon Oxatis, contre 53 % seulement du total des sites étudiés. « Cette nouvelle stratégie permet aux entreprises de mieux valoriser leur activité : au vu du décollage de l’achat mobile, elles revendront plus cher un site rentable grâce à une utilisation efficace de Google Ads qu’un site bien référencé », analyse Marc ­Schillaci, PDG et fondateur d’Oxatis.

 

Chiffre :

  • 76% des Français qui achètent sur leur smartphone le font depuis leur domicile

Source : Bilan annuel 2018 de la Fevad et étude perspectives CSA

Le m-commerce en France

  • 22 Mrds € : le montant des dépenses des Français sur mobile en 2018, à + 22 % versus 2017
  • C’est près d’un quart des 92,6 Mrds € du CA total de l’e-commerce, à + 13,4 %
  • 39 % des e-consommateurs achètent sur smartphone
  • Un panel de 100 sites leaders (hormis Amazon) réalise 35 % de leur CA sur mobile, à + 5 points

Source : Bilan annuel 2018 de la Fevad et étude perspectives e-commerce du CSA

La commande vocale pointe le bout de son nez

  • 4 % des e-acheteurs français ont utilisé la commande vocale pour payer en ligne en 2018
  • 25 % seraient intéressés par un assistant vocal qui leur permette d’acheter sur le Net
  • 32 % ont déjà utilisé la commande vocale en général (pour dicter des e-mails, piloter des objets connectés, acheter…)

Source : étude sur les perspectives de l’e-commerce du CSA pour la Fevad, janvier 2019

 

L’étape d’après pour les e-commerçants ? Réfléchir à une stratégie pour vendre efficacement sur un canal tout nouveau : les assistants vocaux comme Google Assistant ou Alexa d’Amazon, utilisés par 4 % des e-acheteurs français en 2018 pour faire des achats en ligne. Après les mobinautes, les vocanautes ?

Le smartphone gagne des points face à l’ordinateur et à la tablette

À partir de quels équipements achetez vous sur internet ? (plusieurs réponses possibles, en %)
Source : étude sur les perspectives de l’ecommerce du CSA pour la Fevad, janvier 2019

En 2018, 39 % des e-consommateurs tricolores achètent sur internet depuis leur smartphone, entre autres. Ordinateurs et tablettes sont moins utilisés qu’en 2017.

Les PME se tournent vers l’e-publicité

% des e-commerçants utilisant…
Source : étude Oxatis sur le profil de l’e-commerçant en 2019

Le référencement naturel perdant de son utilité sur mobile, les vendeurs en ligne sont de plus en plus nombreux à se mettre à la publicité. Google et, surtout, Facebook en profitent.

 

 

 

source : https://www.lsa-conso.fr/le-mobile-pese-pres-du-quart-de-l-e-commerce,310476