eCommerce

A qui profite la croissance de l'e-commerce ?

En berne fin 2018, la hausse des achats en ligne va continuer à ralentir, selon Kantar Worldpanel. Mais il subsiste de vrais gisements de croissance, à commencer par celui des PGC, au grand bonheur des spécialistes et des pure players."La principale tendance de l'e-commerce français au quatrième trimestre 2018 est son ralentissement, pose Frédéric Valette, directeur du département Fashion & Retail Insights de Kantar Worldpanel.

On a beaucoup entendu parler des gilets jaunes qui auraient pu occasionner un report des achats vers le web, mais on ne l'a pas observé. Au contraire, le mouvement a sans doute réduit l'envie d'acheter des consommateurs, quel que soit le canal." D'après Kantar Worldpanel qui, pour son baromètre eKommerce, recueille les déclarations d'achat de 12.000 Français de 18 ans et plus, l'e-commerce BtoC de produits physiques a atteint 38 milliards d'euros en 2018. C'est presque le poids du marché français du Textile : 40 milliards tous canaux confondus.

La croissance du commerce électronique hexagonal s'établit à 11% l'an dernier, mais est tombée à 5% seulement au dernier trimestre. Entre octobre et décembre, 58% des foyers ont acheté en ligne (en recul de -0.3 point) pour une moyenne de 58 euros par commande (soit 0,60€ de moins qu'un an plus tôt). Frédéric Valette relativise néanmoins : "5% demeure une croissance confortable. Et le ralentissement est inévitable car les indicateurs de comportements sont déjà très élevés : 69% de la population achète en ligne et ces internautes réalisent 20 commandes de biens physiques par an. Les arbres ne montent pas au ciel."

Un gisement de croissance : les PGC

Parmi ceux qui grandissent toujours, on notera les produits techniques (+16%), la maison (+13%) ou même la mode (+5%, quand le marché a décliné de -3% d'après l'Institut Français de la Mode).

Et s'il est une catégorie où subsiste indiscutablement un gisement de croissance, il s'agit des produits de grande consommation. "Drive mis à part, cette croissance ne sera pas simple à aller chercher, met cependant en garde Frédéric Valette. C'est un secteur où les prix jouent énormément, or contrairement au high-tech, plus intéressant en ligne, l'alimentaire est moins cher en magasin. En outre, le coût de la livraison freine son développement sur Internet."

On observe néanmoins que les ventes en ligne de produits de grande consommation (alimentaire, boissons hors vin, entretien hors bazar, petfood, hygiène-beauté) s'affichent en 2018 en hausse de 12% pour atteindre 8,9 milliards d'euros. Les sites des grandes surfaces alimentaires, quasi uniquement grâce au drive, s'en accaparent 4,7 milliards (+8% en un an), mais la croissance provient surtout des sites spécialisés et des pure players qui atteignent déjà 4,2 milliards (+16%). "Ils se concentrent sur les catégories les plus rentables comme le petfood, l'hygiène-beauté avec ses petits produits faciles à livrer mais à forte valeur faciale, les capsules de café également légères et bien valorisées… D'où de belles performances d'Yves Rocher, de Zooplus, de Nespresso ou d'Amazon, qui se concentre beaucoup sur l'hygiène-beauté et l'entretien." Les GSA qui doivent aussi livrer des packs d'eau et des couches-culottes sont nécessairement moins performants.

6,6 milliards d'euros pour Amazon.fr

Mesurant les parts de marché des e-commerçants, Kantar Worldpanel est par ailleurs capable d'extrapoler leur volume d'affaires. "En 2018, Amazon.fr a vendu pour 6,6 milliards d'euros de biens physiques." Sans même compter Amazon Web Services, Prime Video ou le BtoB, l'Américain pèse donc l'équivalent d'un Leroy Merlin dans l'Hexagone. Au quatrième trimestre, sa croissance est inférieure aux 5% du secteur, sa part de marché se tassant au profit de la Fnac, de Darty et de Rakuten. Mais sur l'ensemble de l'année, il s'adjuge une progression de 18% bien supérieure au marché.

"Les Français sont 43% à acheter sur Amazon et y passent en moyenne 8 commandes dans l'année. Pour une entreprise qui n'est significative en en France que depuis 10 ans, ces chiffres d'usage sont déjà énormes. Et d'un ordre de grandeur très comparable, par exemple, à la pénétration des magasins Système U (38% des foyers français s'y sont rendu en 2018) ou Auchan (42%)". Sur la grande consommation, Kantar Worldpanel situe Amazon.fr à 445 millions d'euros en 2018. Un chiffre encore modeste au regard de l'ensemble du marché PGC FLS, mais dont la progression de 33% sur un an ne laissera aucun GSA indifférent.

 

 

 

source : https://www.lsa-conso.fr/top-15-des-sites-e-commerce-un-t4-2018-favorable-aux-click-mortar,310056