Telecom

5G : Les opérateurs allemands vent debout contre le régulateur

Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica fusillent les règles d’attribution des fréquences 5G. Ils fustigent le fait que d’autres groupes ne disposant pas de réseau propre puissent participer aux enchères, ainsi que certaines obligations de couverture. La pilule est beaucoup trop dure à avaler. 

Outre-Rhin, les opérateurs mobiles ont déchanté en découvrant, récemment, les conditions d'attribution des prochaines fréquences 5G. À leurs yeux, celles-ci pourraient bien durablement plomber leurs affaires. Très remontés, Deutsche Telekom, Vodafone, et Telefonica Deutschland, les cadors allemands du mobiles, n'ont pas hésité à poursuivre le régulateur des réseaux pour signifier leur colère.

Les opérateurs dénoncent plusieurs prérequis. Le premier, c'est que les entreprises qui ne disposent, à ce jour, d'aucun réseau en propre, pourront participer à l'appel d'offres et décrocher puis utiliser des fréquences. Ainsi, des industriels d'autres secteurs pourraient disposer de licences pour développer des applications ciblées. On pense, notamment, à des acteurs de l'automobile - sachant que les réseaux 5G sont perçus comme un catalyseur pour la voiture autonome -, ou de la ville intelligente.

En France, l'Arcep, le régulateur des télécoms, affirme depuis des mois qu'il réfléchit aussi à ouvrir l'appel d'offres pour les fréquences 5G à des industriels autres que les opérateurs. Et pour cause : la 5G ne concernera pas, selon les spécialistes, que le grand public.

« De fait, la 5G va accoucher d'un changement de business model chez les opérateurs, affirmait Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, mi-septembre dans nos colonnes. Il ne s'agira plus seulement de vendre des forfaits aux particuliers, mais d'apporter aussi des briques de connectivité sur mesure aux acteurs de la ville intelligente, de l'industrie 4.0 ou de la voiture autonome. »

Un sujet sensible

L'autre point qui fait particulièrement jaser chez les opérateurs allemands est lié aux obligations de déploiement. Le régulateur allemand a notamment fixé comme condition, pour ceux qui auront décroché des fréquences au printemps prochain, que 98% des ménages et l'ensemble des grands axes de transport disposent d'une couverture de 100 mégabits par seconde d'ici la fin 2026. Ce qui va nécessiter un énorme effort d'investissements.

L'attribution des fréquences 5G est un sujet particulièrement sensible pour les opérateurs. En France, les opérateurs sont sur le qui-vive. Outre des prix élevés, ils redoutent que l'État fixe de coûteuses obligations de couverture importantes. Alors que l'Arcep est en train de finaliser des consultations publiques au terme desquelles les modalités d'attribution des fréquences 5G seront définies, Didier Casas, le chef de file de la Fédération française des télécoms, a récemment appelé l'exécutif à faire attention.

Selon lui, si l'Arcep et le gouvernement choisissent d'organiser des enchères financières, et mettent en place des règles destinée à faire flamber le prix des fréquences, les opérateurs « n'auront pas le choix et les achèteront. Mais c'est autant d'argent qu'ils ne mettront pas dans le déploiement des technologies », a-t-il prévenu.

  

source : https://www.latribune.fr/technos-medias/telecoms/5g-les-operateurs-allemands-vent-debout-contre-le-regulateur-802919.html